Nous avons le plaisir de vous adresser l’intervention au Sénat de la présidente de l’École de la Cause Freudienne à l’occasion du colloque sur la défense de la relation dans les soins psys du 6 juin 2026.
Exercice démocratique et parole en psychanalyse
Laura Sokolowsky
Dans un moment où la psychanalyse se trouve de nouveau attaquée dans ses fondements, il n’est guère inutile d’évoquer une séquence historique où celle-ci fut mise sous tutelle par un pouvoir totalitaire. Ce8e idéologie d’extrême droite s’appuyait sur des notions prétendument scientifiques qui affirmaient la division de l’humanité en races biologiquement inégales et détournait la théorie darwinienne au profit d’une vision du monde où seuls les plus forts ont le droit d’exister. L’hérédité biologique, les études statistiques et anthropologiques servirent à justifier un monstrueux programme d’élimination des malades mentaux considérés comme des vies indignes d’être vécues. Des commissions composées de médecins et de fonctionnaires examinèrent les dossiers des patients internés. L’on estime à présent qu’entre 200.000 et 300.000 personnes handicapées ou souffrant de maladie mentale furent assassinées en Allemagne entre 1939 et 1941 dans le cadre du programme T4 ayant servi de laboratoire aux exterminations de masse ultérieures.
L’Allemagne des années trente offrait un terrain propice à toutes les dérives, arguant d’une défaite militaire, d’un chaos économique et d’une humiliation nationale. Dans ce contexte de détresse collective, un leader séduisit les masses en promettant à chacun un avenir radieux ainsi qu’une fierté retrouvée. Or, ce qui reste difficile à saisir, et que les historiens peinent encore à expliquer n’est pas tant la pathologie du leader que la vitesse avec laquelle une secte d’individus marginaux, qui prônaient la préférence nationale et l’usage de la violence pour y parvenir, remporta l’adhésion de la population. Les grandes interprétations historiques, qu’il s’agisse du fascisme générique, des intérêts du grand capital ou du culte de la personnalité, éclairent sans doute une partie du phénomène sans épuiser ce qui en constitue le nœud, à savoir la soumission volontaire des masses à la volonté de destruction.
C’est ici que la psychanalyse, avec ses concepts de surmoi, de pulsion de mort et d’identification à l’idéal du moi, peut apporter un éclairage que l’Histoire, à elle seule, ne saurait fournir. Encore faut-il que la psychanalyse puisse s’exercer librement, les condition de sa pratique étant l’exercice sans protocole ni volonté de maîtrise des pouvoirs de la parole et de l’interprétation. Pour ce8e raison, la pratique psychanalytique et la démocratie ont partie liée.
Revenons un instant ce qui ce qui distingue le nazisme d’autres formes d’antisémitisme plus anciennes. Il s’agit du fait que Hitler ne visait pas la persécution, mais l’élimination d’êtres humains. Au printemps 1933, Freud ne mesurait pas encore ce8e différence qualitative. Il pensait en termes de pogroms, de restrictions, de vexations et d’agressions, c’est-à-dire ce dont il était possible d’avoir une représentation. La notion que l’antisémitisme puisse se réaliser dans une forme absolue dépassait ce que l’imaginaire, même le sien, était capable d’anticiper.
Les régimes autoritaires ont toujours su que la parole était leur ennemi principal. Ce n’est pas un hasard si l’autodafé des livres de Freud eut lieu au mois de mai 1933. Et ce n’est pas un hasard non plus si, parmi les premiers visés par des lois d’exclusion, se trouvaient des médecins, des psychanalystes, des éducateurs, des travailleurs sociaux et des enseignants. Brûler les livres de Freud, c’était s’en prendre à l’idée qu’il peut exister, au cœur de chaque être humain, quelque chose qui échappe à l’emprise du collectif, à la voix du chef, à la communion des masses dans la jouissance partagée d’un ennemi commun.
Comment réagirent les psychanalystes ? Le mouvement analytique de l’époque se retrancha derrière le principe de neutralité scientifique : la psychanalyse n’étant pas une vision du monde, mais une méthode de soin, une thérapeutique, ils n’avait pas à prendre politiquement position. En cela se confirme ce que Freud affronta dès le milieu des années vingt en s’opposant à certains membres de sa propre association qui souhaitaient réserver l’accès à la formation analytique aux seuls médecins. Freud savait que la réduction de la psychanalyse à la thérapeutique lui faisait courir le danger d’une dissolution par absorption comme spécialité médicale.
La posture inverse, présentée comme une garantie d’indépendance, fut en réalité une démission éthique. Elle permit à certains analystes aryens de poursuivre leurs activités dans l’Allemagne nazie, là où leurs collègues juifs furent contraints de s’exiler. Sous couvert de sauver leur discipline, ils se livrèrent à toutes les compromissions et donnèrent leur âme au diable.
Les attaques contemporaines contre la psychanalyse proviennent de l’alliance d’une hostilité déclarée et d’une rationalité gestionnaire. Elles ont le visage de l’expertise, du comité scientifique, de l’instance régulatrice. C’est ce qui les rend difficiles à reconnaître pour ce qu’elles sont de la part du grand public et des médias. En procédant par étapes, en empruntant le langage de la raison et de la science, le rejet de la psychanalyse comme expérience de parole se présente comme une mesure de bon sens que personne ne devrait contester.
Il convient de rappeler que les recommandations de la Haute Autorité de Santé contre les approches psychanalytiques dans la prise en charge de l’autisme en 2012 ont constitué une première fracture. Pour la première fois en France, une instance officielle de santé publique s’est prononcée contre la psychanalyse au nom de la science, ou plutôt d’une certaine conception de la science réductible à l’Evidence-based medicine. Sous couvert de rigueur méthodologique, ce qui ne se mesure pas n’existe pas, ce qui ne produit pas de résultats quantifiables en un temps défini n’a pas droit de cité. La psychanalyse qui accueille ce qui résiste à la mesure, le désir, l’inconscient, le rêve, la répétition, a été déclarée hors-jeu.
L’offensive s’est poursuivie et s’est amplifiée à travers la montée en puissance des thérapies comportementales promues par les institutions de santé au motif de leur efficacité mesurable et de leur rapport coût-bénéfice favorable. Il s’agit rien de moins que de soumettre le soin psychique aux critères de rentabilité qui gouvernent les autres secteurs de l’économie. Une thérapie brève, protocolisée, reproductible d’un patient à l’autre, évaluable par un questionnaire standardisé, tel est ce qu’un tel système finance et recommande. Un traitement analytique dont la durée est indéterminée, dont l’issue ne peut être fixée à l’avance et dont les effets ne se laissent pas réduire à la disparition du symptôme, n’est ni compréhensible ni tolérable.
Ce8e tendance de fond concerne aussi la formation des futurs praticiens. Dans les facultés de médecine et de psychologie, les enseignements d’orientation psychanalytique doivent s’effacer au profit des approches neuro. Les internes en psychiatrie se forment de moins en moins à l’écoute clinique, on leur apprend à travailler en utilisant des protocoles standardisés. La prise en compte de la relation entre le patient et son psy, ce qu’en psychanalyse nous désignons par le transfert et qui repose sur un lien de parole, est ignoré, négligé, dénigré.
Ce sont ainsi des générations entières de soignants qui sont privés de ce que la psychanalyse a mis un siècle à élaborer, à savoir une théorie du sujet adossée à la clinique du cas par cas.
À cela s’ajoutent des attaques plus récentes issues du champ législatif, telles que l’amendement visant le déremboursement des pratiques inspirées par la psychanalyse, l’inscription de centres experts soutenus par une fondation privée dans le code de la santé publique, de nouvelles recommandations sur l’autisme excluant la psychanalyse comme pratique non recommandée. Puis, l’horizon de l’opposabilité des recommandations présentées comme une nécessité impérieuse accompagnées d’inspections, de contrôles inopinés des établissements et de fermeture administrative des institutions qui n’obéissent pas. Le vocabulaire employé n’est pas celui du soin, mais d’un ordre de fer.
L’enjeu est la liberté de parole et son expression démocratique. C’est la raison pour laquelle l’avenir de la psychanalyse n’est pas séparable du destin de la démocratie. En effet, la démocratie ne se résume pas au régime électoral. Elle suppose la possibilité d’une parole irréductible à l’identification au groupe, fut-il en position majoritaire, et au chef. Elle suppose qu’il existe un espace où la parole puisse se dire sans être soumise à l’impératif du résultat, de la norme et de la conformité. Ce que récuse l’idéologie autoritaire est une énonciation soustraite à la soumise à l’impératif du résultat, de la norme et de la conformité. Ce que récuse l’idéologie autoritaire est une énonciation soustraite à la logique du rendement et de l’obéissance où le sujet peut faire l’expérience de sa division, de ses contradictions, de son désir.
Si les attaques actuelles contre la psychanalyse ne brûlent pas les œuvres de Freud, elles s’emploient à les rendre inaudibles. Elles vident la parole de sa substance en la réduisant à un simple outil de communication au service d’une récolte des données, serf de la technique. Le sujet souffrant dans son corps et sa pensée n’est pas invité à dire, à parler de son histoire : il lui est intimé de cocher des cases pour évaluer son niveau d’anxiété sur une échelle allant de un à dix, à progresser selon un programme préétabli vers un objectif d’adaptation.
Cette conception de l’humain est aussi celle que convoque l’extrême droite par d’autres chemins. Le discours identitaire qui prospère aujourd’hui en Europe et au-delà repose sur l’effacement de la singularité au profit de l’appartenance à une origine, à un pays défini comme une communauté assiégée et remplacée par cet Autre qu’est étranger. La parole introduit de la différence et de l’incomparable. Le fantasme d’une communauté purifiée impose a contrario le silence.
Pour les psychanalystes, défendre la démocratie n’est pas une prise de position étrangère à leur pratique. Il s’agit de promouvoir la fonction et le champ de la parole et du langage contre la violence politique et la rationalité gestionnaire. Ne cédons pas à la tentation de négocier avec les instances évaluatives, d’adapter la clinique analytique aux exigences du marché, de consentir aux compromis douteux pour préserver une présence institutionnelle.
Comme Lacan l’écrivait dans «La psychiatrie anglaise et la guerre» publiée en 1947, il en va d’un affrontement contre les puissances sombres du surmoi imposant de se soumettre et de se taire. Ce combat est le nôtre aujourd’hui.
Publié par ECF.Mess@ger. 7 juin 2026
© 2026 ECF (École de la Cause freudienne – Association RUP)
Nos complace enviarles el discurso pronunciado en el Senado por la presidenta de la Escuela de la Causa Freudiana en el coloquio sobre la defensa de la relación en los tratamientos “psis”, el 6 de junio de 2026.
Ejercicio democrático y palabra en psicoanálisis
Laura Sokolowsky
En este momento en que el psicoanálisis se encuentra nuevamente atacado en sus fundamentos, no es inútil evocar una secuencia histórica en el que fue puesto bajo la tutela de un poder totalitario.
Esta ideología de extrema derecha se apoyaba en supuestas nociones científicas, que afirmaban la división de la humanidad en razas biológicamente desiguales y distorsionaban la teoría darwiniana para crear una visión del mundo donde solo los más fuertes tenían derecho a existir. La herencia biológica, los estudios estadísticos y antropológicos se utilizaron para justificar un programa monstruoso de eliminación de los enfermos mentales, cuyas vidas se consideraban indignas de ser vividas. Comisiones compuestas por médicos y funcionarios públicos examinaron los dossiers de los pacientes internados.
Actualmente se estima que entre 200.000 y 300.000 personas discapacitadas o con enfermedades mentales fueron asesinadas en Alemania entre 1939 y 1941 en el marco del programa T4, que funcionó de laboratorio para los exterminios de masa ulteriores.
La Alemania de los años treinta ofreció un terreno propicio para todo tipo de excesos, alimentados por la derrota militar, el caos económico y la humillación nacional. En este contexto de angustia colectiva, un líder sedujo a las masas prometiéndoles un futuro brillante y restaurando el orgullo nacional. Ahora bien, lo que sigue siendo difícil de comprender, y lo que los historiadores aún se esfuerzan por explicar, no es tanto la patología del líder como la rapidez con la que una secta de individuos marginados, que abogaba por la preferencia nacional y el uso de la violencia para lograrla, consiguió el apoyo de la población. Las grandes interpretaciones históricas, ya sean del fascismo en general, de los intereses del gran capital o del culto a la personalidad, esclarecen sin duda una parte del fenómeno, aunque sin agotar lo que constituye el nudo de la cuestión, a saber, la sumisión voluntaria de las masas a la voluntad de destrucción.
Es aquí donde el psicoanálisis, con sus conceptos de superyó, pulsión de muerte e identificación al ideal del yo, puede aportar un esclarecimiento que la Historia, por sí sola, no podría proporcionar. Resulta indispensable que el psicoanálisis pueda ejercerse libremente, siendo las condiciones de su práctica el ejercicio sin protocolos ni voluntad de dominio de los poderes de la palabra y la interpretación. Por esta razón, la práctica psicoanalítica y la democracia están íntimamente ligadas.
Volvamos por un momento a lo que distingue al nazismo de otras formas más antiguas de antisemitismo. Se trata de que Hitler no buscaba la persecución, sino la eliminación de seres humanos. En la primavera de 1933, Freud aún no había comprendido esta diferencia cualitativa. Pensaba en términos de pogromos, restricciones, vejaciones y agresiones; es decir, en aquello que podía representarse. La idea de que el antisemitismo pudiera materializarse en una forma absoluta superaba lo que la imaginación, incluso la suya, era capaz de prever.
Los regímenes autoritarios siempre han sabido que la palabra era su principal enemigo. No es casualidad que el auto de fe de los libros de Freud tuviera lugar en mayo de 1933. Tampoco es casualidad que entre los primeros afectados por las leyes de exclusión se encontraran médicos, psicoanalistas, educadores, trabajadores sociales y maestros. La quema de los libros de Freud fue un ataque contra la idea misma de que pueda existir, en el corazón de cada ser humano, algo que escape al dominio de lo colectivo, a la voz del jefe, a la comunión de las masas en el goce compartido de un enemigo común.
¿Cómo respondieron los psicoanalistas? El movimiento analítico de la época se escudó en el principio de neutralidad científica: dado que el psicoanálisis no era una visión del mundo, sino un método de tratamiento, una terapéutica, no tenían por qué adoptar una posición política. En esto se confirma lo que afrontó Freud, a partir de mediados de los años veinte, cuando se opuso a ciertos miembros de su propia asociación que querían reservar el acceso a la formación analítica únicamente a los médicos. Freud sabía que reducir el psicoanálisis a la terapéutica conllevaba el riesgo de su disolución al ser absorbido como especialidad médica.
La postura inversa, presentada como garantía de independencia, fue en realidad una dimisión ética. Permitió a ciertos analistas arios continuar su trabajo en la Alemania nazi, allí donde sus colegas judíos se vieron obligados al exilio. Bajo el pretexto de salvar su disciplina, cedieron a todo tipo de componendas y entregaron su alma al diablo.
Los ataques contemporáneos contra el psicoanálisis provienen de la alianza entre una hostilidad declarada y una racionalidad gerencial. Tienen el rostro de los expertos, del comité científico, del organismo regulador. Esto es lo que dificulta que el público en general y los medios de comunicación los reconozcan por lo que realmente son. Procediendo por etapas, adoptando el lenguaje de la razón y la ciencia, el rechazo del psicoanálisis como experiencia de palabra se presenta como una medida sensata que nadie debería cuestionar.
Conviene recordar que las recomendaciones emitidas por la Alta Autoridad de Salud (HAS) en 2012 contra los enfoques psicoanalíticos en el tratamiento del autismo constituyeron un primer punto de inflexión importante. Por primera vez en Francia, un organismo público de salud se pronunció en contra del psicoanálisis en nombre de la ciencia, o más bien, de una cierta concepción de la ciencia reducida a la Medicina basada en la evidencia. Bajo la apariencia de rigor metodológico, lo que no se puede medir no existe, lo que no produce resultados cuantificables en un plazo definido se considera inválido. El psicoanálisis que aloja lo que resiste a la medida, el deseo, el inconsciente, el sueño, la repetición, fue declarado fuera de juego.
La ofensiva continuó y se amplificó con el auge de terapias comportamentales promovidas por las instituciones de salud alegando su eficacia medible y su favorable relación costo-beneficio. Esto se trata nada menos que de someter la atención psíquica a los criterios de rentabilidad que gobiernan los otros sectores de la economía. Una terapia breve, protocolizada, reproducible de un paciente a otro y evaluable mediante un cuestionario estandarizado es lo que financia y recomienda dicho sistema. Un tratamiento analítico cuya duración es indeterminada, cuyo resultado no se puede fijar previamente y cuyos efectos no se reducen a la desaparición del síntoma, no es comprensible ni tolerable.
Esta tendencia de fondo también concierne a la formación de los futuros practicantes. En las facultades de medicina y de psicología, las enseñanzas de orientación psicoanalítica deben borrarse en favor de los enfoques neuro. Los residentes de psiquiatría se forman cada vez menos en la escucha clínica, por el contrario se les enseña a trabajar con protocolos estandarizados. La relación entre el paciente y su “psi”, lo que en psicoanálisis designamos mediante la transferencia y que reposa en un lazo de palabra, se ignora, se descuida y se denigra.
De este modo, generaciones enteras de profesionales tratantes se ven privadas de lo que al psicoanálisis le llevó un siglo elaborar, a saber, una teoría del sujeto ligada a la clínica del caso por caso.
A esto se suman ataques más recientes desde el ámbito legislativo, tales como la enmienda que busca no reembolsar las prácticas inspiradas por el psicoanálisis, la inclusión de centros especializados financiados por una fundación privada en el código de salud pública y nuevas recomendaciones sobre el autismo que excluyen al psicoanálisis, ubicándolo como práctica no recomendada. Luego, el horizonte de la oponibilidad de las recomendaciones presentadas como una necesidad imperiosa, acompañadas de inspecciones, de controles imprevistos de los establecimientos y el cierre administrativo de las instituciones que no las obedezcan. El vocabulario empleado no es el del tratamiento, sino el de un orden de hierro.
La que está en juego es la libertad de palabra y su expresión democrática. Esta es la razón por la cual el futuro del psicoanálisis es inseparable del destino de la democracia. En efecto, la democracia no se reduce al régimen electoral. Ella supone la posibilidad de una palabra irreductible a la identificación al grupo, aunque esté en posición mayoritaria, y al jefe. Ella supone que exista un espacio donde la palabra pueda decirse sin estar sujeta al imperativo del resultado, de la norma y de la conformidad. Lo que recusa la ideología autoritaria es una enunciación sustraída a la lógica del rendimiento y la obediencia, donde el sujeto pueda hacer la experiencia de su división, de sus contradicciones, de su deseo.
Aunque los ataques actuales contra el psicoanálisis, no queman las obras de Freud, se empeñan en volverlas inaudibles. Vacían la palabra de su sustancia, reduciéndola a una mera herramienta de comunicación al servicio de la recopilación de datos, sierva de la técnica. El sujeto sufriente en su cuerpo y su pensamiento no está invitado a decir, a hablar de su historia: se lo intima a marcar casilleros para evaluar su nivel de ansiedad en una escala que va del uno al diez, a progresar según un programa preestablecido hacia un objetivo de adaptación.
Esta concepción de lo humano es también aquella que convoca la extrema derecha por otros caminos. El discurso identitario que prospera hoy en Europa y más allá, reposa sobre el borramiento de la singularidad a favor de la pertenencia a un origen, a un país definido como una comunidad sitiada y reemplazada por ese Otro que es extranjero. La palabra introduce la diferencia y lo incomparable. La fantasía de una comunidad purificada impone a contrario el silencio.
Para los psicoanalistas, defender la democracia no es un posicionamiento ajeno a su práctica. Se trata de promover la función y el campo de la palabra y el lenguaje contra la violencia política y la racionalidad gerencial. No cedamos a la tentación de negociar con los instancias evaluadoras, de adaptar la clínica analítica a las exigencias del mercado, de consentir a compromisos dudosos por preservar una presencia institucional.
Como escribió Lacan en «La psiquiatría inglesa y la guerra», publicado en 1947, se trata de enfrentarse contra los oscuros poderes del superyó que exigen someterse y callarse. Ese combate es el nuestro hoy.
Traducción: Mariella Lorenzi
Revisión: María Adela Pérez Duhalde
Temos o prazer de lhes enviar a intervenção, no Senado, da presidente da École de la Cause freudienne por ocasião do colóquio sobre a defesa da relação nos cuidados psis, de 6 de junho de 2026.
Exercício democrático e fala em psicanálise
Laura Sokolowsky
Num momento em que a psicanálise se encontra novamente atacada em seus fundamentos, não é inútil evocar uma sequência histórica em que ela foi colocada sob a tutela de um poder totalitário. Essa ideologia de extrema-direita apoiava-se em noções supostamente científicas que afirmavam a divisão da humanidade em raças biologicamente desiguais e desviava a teoria darwinista para justificar uma visão de mundo em que apenas os mais fortes têm o direito de existir. A hereditariedade biológica, os estudos estatísticos e antropológicos serviram para justificar um monstruoso programa de eliminação dos doentes mentais, considerados como vidas indignas de serem vividas. Comissões compostas por médicos e funcionários examinaram os prontuários dos pacientes internados. Estima-se atualmente que entre 200.000 e 300.000 pessoas com deficiência ou que sofriam de doença mental foram assassinadas na Alemanha entre 1939 e 1941, no âmbito do programa T4, servindo de laboratório para as exterminações de massa ulteriores.
A Alemanha dos anos trinta oferecia um terreno propício para todas as derivas, tendo como argumento uma derrota militar, um caos econômico e uma humilhação nacional. Nesse contexto de sofrimento coletivo, um líder seduziu as massas prometendo a cada um futuro radiante, bem como a recuperação de um orgulho. Ora, o que permanece difícil de apreender, e que os historiadores ainda penam para explicar, não é tanto a patologia do líder, mas a velocidade com que uma seita de indivíduos marginais, que defendiam a preferência nacional e o uso da violência para alcançá-la, conquistou a adesão da população. As grandes interpretações históricas, quer se trate do fascismo genérico, dos interesses do grande capital ou do culto à personalidade, esclarecem sem dúvida uma parte do fenômeno, sem esgotar aquilo que constitui o seu nó, a saber: a submissão voluntária das massas à vontade de destruição.
É aqui que a psicanálise, com seus conceitos de supereu, de pulsão de morte e de identificação ao ideal do eu, pode trazer uma iluminação que a História, por si só, não saberia fornecer. Para isso, contudo, é preciso que a psicanálise possa se exercer livremente, sendo as condições de sua prática o exercício sem protocolo nem vontade de domínio dos poderes da fala e da interpretação. Por essa razão, a prática psicanalítica e a democracia estão intimamente ligadas.
Voltemos por um instante ao que distingue o nazismo de outras formas de antissemitismo mais antigas. Trata-se do fato de que Hitler não visava a perseguição, mas a eliminação de seres humanos. Na primavera de 1933, Freud ainda não mensurava essa diferença qualitativa. Ele pensava em termos de pogroms, de restrições, de vexações e de agressões, isto é, daquilo que era possível representar. A noção de que o antissemitismo pudesse se realizar sob uma forma absoluta ultrapassava o que o imaginário, mesmo o seu, era capaz de antecipar.
Os regimes autoritários sempre souberam que a fala era seu principal inimigo. Não é por acaso que o auto-de-fé dos livros de Freud ocorreu no mês de maio de 1933. Também não é por acaso que, entre os primeiros visados pelas leis de exclusão, encontravam-se médicos, psicanalistas, educadores, assistentes sociais e professores. Queimar os livros de Freud era atacar a ideia de que pode existir, no coração de cada ser humano, algo que escapa ao domínio do coletivo, à voz do chefe, à comunhão das massas no gozo compartilhado de um inimigo comum.
Como reagiram os psicanalistas? O movimento analítico da época se retirou atrás do princípio da neutralidade científica: não sendo a psicanálise uma visão de mundo, mas um método de tratamento, uma terapêutica, não tinham porque tomar uma posição política. Nisso se confirma o que Freud enfrentou desde meados dos anos vinte ao se opor a certos membros de sua própria associação, que desejavam reservar o acesso à formação analítica apenas aos médicos. Freud sabia que a redução da psicanálise à terapêutica a fazia correr o risco de uma dissolução por absorção como especialidade médica.
A postura inversa, apresentada como uma garantia de independência, foi na realidade uma demissão ética. Ela permitiu que certos analistas arianos prosseguissem com suas atividades na Alemanha nazista, ao passo que seus colegas judeus foram obrigados a se exilar. Sob o pretexto de salvar sua disciplina, eles se entregaram a todo tipo de concessões e venderam sua alma ao diabo.
Os ataques contemporâneos contra a psicanálise provêm da aliança entre uma hostilidade declarada e uma racionalidade gestionária. Eles têm a face da expertise, do comitê científico, do órgão regulador. É o que os torna difíceis de serem reconhecidos pelo grande público e pelas mídias pelo que de fato são. Ao proceder por etapas, pegando emprestada a linguagem da razão e da ciência, o rechaço da psicanálise como experiência de fala se apresenta como uma medida de bom senso que ninguém deveria contestar.
Convém lembrar que as recomendações da Haute Autorité de Santé (HAS) contra as abordagens psicanalíticas no tratamento do autismo em 2012 constituíram uma primeira fratura. Pela primeira vez na França, uma instância oficial de saúde pública pronunciou-se contra a psicanálise em nome da ciência, ou melhor, de uma certa concepção de ciência reduzida à Evidence-based medicine (medicina baseada em evidências). Sob o pretexto de rigor metodológico, aquilo que não se mede não existe, aquilo que não produz resultados quantificáveis em um tempo definido não tem direito à cidade. A psicanálise, que acolhe o que resiste à medida — o desejo, o inconsciente, o sonho, a repetição —, foi declarada fora de jogo.
A ofensiva prosseguiu e ampliou-se através da ascensão das terapias comportamentais, promovidas pelas instituições de saúde sob a alegação de sua eficácia mensurável e de sua relação custo-benefício favorável. Trata-se de nada menos que submeter o tratamento psíquico aos critérios de rentabilidade que governam os outros setores da economia. Uma terapia breve, protocolada, reproduzível de um paciente para outro, avaliável por um questionário padronizado — eis o que tal sistema financia e recomenda. Um tratamento analítico cuja duração é indeterminada, cujo desfecho não pode ser fixado antecipadamente e cujos efeitos não se deixam reduzir ao desaparecimento do sintoma, não é compreensível nem tolerável.
Esta tendência de fundo refere-se também à formação dos futuros praticantes. Nas faculdades de medicina e de psicologia, o ensino de orientação psicanalítica deve se apagar em benefício das abordagens neuro. Os residentes em psiquiatria se formam cada vez menos na escuta clínica; ensina-se a eles a trabalhar utilizando protocolos padronizados. A consideração da relação entre o paciente e seu psi, o que na psicanálise designamos por transferência e que repousa sobre um laço de fala, é ignorada, negligenciada, denegrida.
São, assim, gerações inteiras de profissionais de saúde mental que ficam privadas daquilo que a psicanálise levou um século para elaborar, a saber, uma teoria do sujeito apoiada na clínica do caso a caso.
A isso somam-se ataques mais recentes vindos do campo legislativo, tais como a emenda que visa a exclusão do reembolso de práticas inspiradas na psicanálise, a inscrição de centros de referência apoiados por uma fundação privada no código de saúde pública e novas recomendações sobre o autismo que excluem a psicanálise, classificando-a como uma prática não recomendada. Em seguida, o horizonte da obrigatoriedade legal das recomendações, apresentadas como uma necessidade imperiosa, acompanhadas de inspeções, inspeções surpresa nos estabelecimentos e fechamentos administrativos das instituições que não obedecerem. O vocabulário empregado não é o do cuidado, mas o de uma ordem de ferro.
O que está em jogo é a liberdade de fala e sua expressão democrática. É por essa razão que o futuro da psicanálise não se separa do destino da democracia. Certamente, a democracia não se resume ao regime eleitoral. Ela supõe a possibilidade de uma fala irredutível à identificação ao grupo, ainda que seja em posição majoritária, e ao chefe. Ela supõe que exista um espaço onde a fala possa se dizer sem estar submetida ao imperativo do resultado, da norma e da conformidade. O que a ideologia autoritária recusa é uma enunciação subtraída à lógica do rendimento e da obediência, na qual o sujeito possa fazer a experiência de sua divisão, de suas contradições, de seu desejo.
Se os ataques atuais contra a psicanálise não queimam as obras de Freud, eles se empenham em torná-las inaudíveis. Esvaziam a fala de sua substância ao reduzi-la a uma simples ferramenta de comunicação a serviço de uma coleta de dados, serva da técnica. O sujeito que sofre em seu corpo e em seu pensamento não é convidado a dizer, a falar de sua história: ele é intimado a marcar um X para avaliar seu nível de ansiedade numa escala que vai de um a dez, para progredir de acordo com um programa pré-estabelecido em direção a um objetivo de adaptação.
Essa concepção do humano é também aquela que a extrema-direita convoca por outros caminhos. O discurso identitário que prospera hoje na Europa e para além dela repousa sobre o apagamento da singularidade em benefício do pertencimento a uma origem, a um país definido como uma comunidade sitiada e substituída por esse Outro que é o estrangeiro. A fala introduz a diferença e o incomparável. O fantasma de uma comunidade purificada impõe, a contrario, o silêncio.
Para os psicanalistas, defender a democracia não é uma tomada de posição alheia à sua prática. Trata-se de promover a função e o campo da fala e da linguagem contra a violência política e a racionalidade gestionária. Não cedamos à tentação de negociar com as instâncias de avaliação, de adaptar a clínica analítica às exigências do mercado, de consentir com compromissos duvidosos para preservar uma presença institucional.
Como Lacan escreveu em “A psiquiatria inglesa e a guerra”, publicado em 1947, o que está em jogo é um confronto contra as potências sombrias do superego, que impõem submeter-se e calar-se. Este combate é o nosso hoje.
Tradução: Élida Biasoli Lenci
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We are pleased to share with you the intervention delivered by the president of the École de la Cause Freudienne at the Senate during the symposium on the defense of the psychoanalytic relation in the psy services, held on 6 June 2026.
Democratic Practice and Speech in Psychoanalysis
Laura Sokolowsky
At a time when psychoanalysis is once again under attack at its very foundations, it is by no means pointless to recall a period in history when it was placed under the control of a totalitarian regime.
This far-right ideology was based on supposedly scientific notions that asserted the division of humanity into biologically unequal races and twisted Darwinian theory to support a worldview in which only the strongest have the right to exist. Biological heredity, statistical studies, and anthropological research were used to justify a monstrous program for the elimination of people with mental illness, whose lives were deemed unworthy of life. Commissions composed of doctors and officials examined the files of the institutionalized patients. It is now estimated that between 200,000 and 300,000 people with disabilities or mental illness were murdered in Germany between 1939 and 1941 as part of the T4 program, which served as a testing ground for subsequent mass exterminations.
Germany in the 1930s provided fertile ground for all manner of excesses, fueled by military defeat, economic chaos, and national humiliation. Against this backdrop of collective distress, a leader captivated the masses by promising everyone a brighter future and a renewed sense of pride. Yet what remains difficult to grasp—and what historians still struggle to explain—is not so much the leader’s pathology as the speed with which a sect of marginal individuals, who advocated national preference and the use of violence to achieve it, won the support of the population. Major historical interpretations—whether concerning generic fascism, the interests of big capital, or the cult of personality—undoubtedly shed light on part of the phenomenon without fully accounting for its core, namely the masses’ voluntary submission to the will to destruction.
It is here that psychoanalysis, with its concepts of the superego, the death drive, and identification with the ego ideal, can shed light that history alone cannot provide. However, psychoanalysis must be able to be practiced freely, as the conditions for its practice require that it be carried out without protocol or any desire to control the powers of speech and interpretation. For this reason, psychoanalytic practice and democracy are inextricably linked.
Let us return for a moment to what distinguishes Nazism from older forms of antisemitism. It is the fact that Hitler did not aim for persecution of human beings but for their elimination. In the spring of 1933, Freud had not yet grasped this qualitative difference. He thought in terms of pogroms, restrictions, humiliations, and assaults—that is, things of which one could form a representation. The notion that antisemitism could manifest itself in an absolute form exceeded what the imagination, even his own, was capable of anticipating.
Authoritarian regimes have always known that speech is their main enemy. It is no coincidence that the book burning of Freud’s works took place in May of 1933. Nor is it a coincidence that among the first to be targeted by exclusion laws were doctors, psychoanalysts, educators, social workers, and teachers. Burning Freud’s books was an attack on the idea that there might exist, at the heart of every human being, something that escapes the grip of the collective, the voice of the leader, and the communion of the masses in the shared enjoyment of a common enemy.
How did psychoanalysts react? The psychoanalytic movement of the time took refuge behind the principle of scientific neutrality: since psychoanalysis was not a worldview but a method of care, a therapeutic approach, they maintained that they had no need to take a political stance. This confirms what Freud had faced as early as the mid-1920s when he opposed certain members of his own association who wished to restrict access to analytical training to physicians alone. Freud knew that reducing psychoanalysis to a therapeutic method put it at risk of being absorbed and dissolved as a medical specialty.
This stance, presented as a guarantee of independence, was in reality an ethical abdication. It allowed certain Aryan analysts to continue their work in Nazi Germany, while their Jewish colleagues were forced into exile. Under the pretext of saving their discipline, they made every possible compromise and sold their souls to the devil.
Contemporary attacks on psychoanalysis stem from a combination of open hostility and managerial rationality. They take the form of expert opinions, scientific committees, and regulatory bodies. This is what makes them difficult for the general public and the media to recognize for what they are. By proceeding in stages and borrowing the language of reason and science, the rejection of psychoanalysis as an experience of speech presents itself as a common-sense measure that no one should contest.
It is worth recalling that the recommendations issued by the Haute Autorité de Santé in 2012 against psychoanalytic approaches to the treatment of autism marked a first major rift. For the first time in France, an official public health body spoke out against psychoanalysis in the name of science—or rather, a certain conception of science reducible to evidence-based medicine. Under the guise of methodological rigor, what cannot be measured does not exist; what does not produce quantifiable results within a defined timeframe has no legitimate place. Psychoanalysis, which embraces what resists measurement—desire, the unconscious, dreams, repetition—has been declared unacceptable.
The push continued and gained momentum as behavioral therapies promoted by health institutions became increasingly prevalent, on the grounds of their measurable effectiveness and favorable cost-benefit ratio. This amounts to nothing less than subjecting psychic care to the profitability criteria that govern other sectors of the economy. A brief, protocol-based therapy that is reproducible from one patient to another and assessable via a standardized questionnaire is what such a system funds and recommends. An analytic treatment of indefinite duration, whose outcome cannot be determined in advance and whose effects cannot be reduced to the disappearance of symptoms, is neither comprehensible nor tolerable.
This underlying trend also affects the training of future practitioners. In schools of medicine and psychology, psychoanalytically oriented instruction is being phased out in favor of neuroscience-based approaches. Psychiatry residents are receiving increasingly less training in clinical listening; instead, they are taught to work using standardized protocols. The relationship between the patient and their therapist—what we in psychoanalysis refer to as transference, which is based on a bond formed through speech—is ignored, neglected, and disparaged.
As a result, entire generations of clinicians are deprived of what psychoanalysis has spent a century developing: a theory of the subject grounded in case-by-case clinical practice.
Added to this are more recent legislative developments, such as the amendment aimed at removing reimbursement for practices derived from psychoanalysis, the inclusion of expert centers supported by a private foundation in the Public Health Code, and the new recommendations on autism that exclude psychoanalysis, which is considered a non-recommended practice. Then comes the prospect that these recommendations may become enforceable, presented as an urgent necessity and accompanied by inspections, unannounced checks of facilities, and administrative closures of institutions that do not comply. The language used is not that of care, but of coercive order.
What is at stake is freedom of speech and its democratic expression. This is why the future of psychoanalysis cannot be separated from the fate of democracy. Indeed, democracy is not limited to the electoral system. It presupposes the possibility of speech that cannot be reduced to identification with a group, even if it holds a majority position, or with a leader. It presupposes the existence of a space where speech can be expressed without being subject to the imperatives of results, norms, and conformity. What authoritarian ideology rejects is an enunciation removed from the logic of performance and obedience, where the subject can experience their division, their contradictions, and their desire.
While today’s attacks on psychoanalysis do not burn Freud’s works, they strive to render them inaudible. They strip speech of its substance by reducing it to a mere tool of communication in the service of data harvesting, a servant of technology. The subject suffering in body and mind is not invited to speak, to tell their story: they are instructed to check boxes to rate their anxiety level on a scale of one to ten and to progress according to a pre-established program toward a goal of adaptation.
This conception of humanity is also the one invoked by the far right through other means. The identitarian discourse that is flourishing today in Europe and beyond is based on the erasure of individuality in favor of belonging to a specific place of origin or a country defined as a besieged community being replaced by this Other who is the foreigner. Speech introduces difference and the incomparable. The fantasy of a purified community, by contrast, imposes silence.
For psychoanalysts, defending democracy is not a stance unrelated to their practice. It is a matter of promoting the function and field of speech and language in the face of political violence and managerial rationality. Let us not give in to the temptation to negotiate with evaluative bodies, to adapt analytic clinical practice to market demands, or to agree to dubious compromises in order to maintain an institutional presence.
As Lacan wrote in «English Psychiatry and the War,» published in 1947, it is a struggle against the dark forces of the superego that demand submission and silence. This struggle is ours today.
Translated by Jared Elwarti
Revised by Jonathan Redmon
Abbiamo il piacere di inviarvi l’intervento al Senato della presidente dell’École de la Cause Freudienne in occasione del colloquio sulla difesa della relazione nelle cure psy del 6 giugno 2026.
Esercizio democratico e parola in psicoanalisi
Laura Sokolowsky
In un momento in cui la psicoanalisi si trova nuovamente attaccata nei suoi fondamenti, non è inutile evocare una sequenza storica in cui essa fu messa sotto tutela da un potere totalitario.
Questa ideologia di estrema destra si basava su nozioni pretese scientifiche che sostenevano la divisione dell’umanità in razze biologicamente ineguali e sviava la teoria darwiniana a favore di una visione del mondo in cui solo i più forti hanno il diritto di esistere. L’eredità biologica, gli studi statistici e antropologici servirono a giustificare un programma mostruoso di eliminazione dei malati mentali considerati come vite indegne di essere vissute. Commissioni composte da medici e funzionari esaminarono i fascicoli dei pazienti internati.
Si stima che tra 200.000 e 300.000 persone con disabilità o malattie mentali siano state uccise in Germania tra il 1939 e il 1941 nel quadro del programma T4, che è stato utilizzato come laboratorio per i successivi stermini di massa.
La Germania degli anni ’30 offriva un terreno fertile a tutte le derive, con il pretesto di una sconfitta militare, di un caos economico e di un’umiliazione nazionale. In questo contesto di angoscia collettiva, un leader ha conquistato le masse promettendo a tutti un futuro radioso e una fierezza ritrovata. Ebbene, ciò che rimane difficile da comprendere, e che gli storici faticano ancora a spiegare, non è tanto la patologia del leader quanto la velocità con cui una setta di individui marginali, che predicavano la preferenza nazionale e l’uso della violenza per raggiungerla, ottenne l’adesione della popolazione. Le grandi interpretazioni storiche, che si tratti del fascismo generico, degli interessi del grande capitale o del culto della personalità, illuminano senza dubbio una parte del fenomeno senza esaurire quello che ne costituisce il nodo, cioè la sottomissione volontaria delle masse alla volontà di distruzione.
È qui che la psicoanalisi, con i suoi concetti di super-io, pulsione di morte e identificazione all’ideale dell’Io, può apportare una delucidazione che la Storia da sola non potrebbe fornire. Inoltre, occorre che la psicoanalisi possa esercitarsi liberamente, le condizioni della sua pratica sono l’esercizio senza protocollo né volontà di padronanza dei poteri della parola e dell’interpretazione. Per questa ragione, la pratica psicoanalitica e la democrazia sono collegate.
Torniamo per un momento a ciò che distingue il nazismo da altre forme più antiche di antisemitismo. Si tratta del fatto che Hitler non puntava alla persecuzione, ma all’eliminazione degli esseri umani. Nella primavera del 1933, Freud non aveva ancora misurato questa differenza qualitativa. Pensava in termini di pogrom, restrizioni, vessazioni e aggressioni, cioè ciò di cui era possibile avere una rappresentazione. L’idea che l’antisemitismo potesse realizzarsi in forma assoluta superava ciò che l’immaginario, anche il suo, era capace di anticipare.
I regimi autoritari hanno sempre saputo che la parola era il loro principale nemico. Non è un caso che il rogo dei libri di Freud ebbe luogo nel maggio 1933. E non è un caso neppure che tra i primi destinatari delle leggi di esclusione ci fossero medici, psicoanalisti, educatori, operatori sociali e insegnanti. Bruciare i libri di Freud significava prendersela con l’idea che possa esistere, nel cuore di ogni essere umano, qualcosa che sfugga alla presa del collettivo, alla voce del capo, alla comunione delle masse nel godimento condiviso di un nemico comune.
Come reagirono gli psicoanalisti? Il movimento analitico dell’epoca si trincerò dietro il principio della neutralità scientifica: la psicoanalisi non era una visione del mondo, ma un metodo di cura, una terapeutica, non doveva prendere posizione politicamente. In questo si conferma ciò che Freud affrontò a metà degli anni Venti opponendosi ad alcuni membri della sua stessa associazione che volevano riservare l’accesso alla formazione analitica solo ai medici. Freud sapeva che la riduzione della psicoanalisi alla terapeutica gli faceva correre il pericolo di una dissoluzione mediante incorporazione come specialità medica.
La posizione opposta, presentata come una garanzia di indipendenza, è stata in realtà una dimissione etica. Permise ad alcuni analisti ariani di proseguire le loro attività nella Germania nazista, là dove i loro colleghi ebrei furono costretti all’esilio. Con il pretesto di salvare la loro disciplina, si consegnarono a tutti i compromessi e diedero l’anima al diavolo.
Gli attacchi contemporanei contro la psicoanalisi provengono dall’alleanza di un’ostilità dichiarata e di una razionalità gestionale. Hanno il volto della competenza, del comitato scientifico, dell’istanza regolamentatrice. È questo che le rende difficili da riconoscere per ciò che sono da parte del grande pubblico e dei media. Procedendo per tappe, prendendo a prestito il linguaggio della ragione e della scienza, il rifiuto della psicoanalisi come esperienza di parola si presenta come una misura di buon senso che nessuno dovrebbe contestare.
Vale la pena ricordare che le raccomandazioni dell’Alta Autorità Sanitaria contro gli approcci psicoanalitici nella presa in carico dell’autismo nel 2012 hanno costituito una prima frattura. Per la prima volta in Francia, un’istanza ufficiale di sanità pubblica si è pronunciata contro la psicoanalisi in nome della scienza, o piuttosto di una certa concezione della scienza riducibile all’Evidence-based medicine. Sotto la copertura del rigore metodologico, ciò che non si misura non esiste, ciò che non produce risultati quantificabili in un tempo definito non ha diritto di cittadinanza. La psicoanalisi che accoglie ciò che resiste alla misura, il desiderio, l’inconscio, il sogno, la ripetizione, è stata dichiarata fuori gioco.
L’offensiva è proseguita ed è stata amplificata dall’ascesa delle terapie comportamentali promosse dalle istituzioni sanitarie per la loro efficacia misurabile e il favorevole rapporto costi-benefici. Si tratta niente di meno che di sottomettere la cura psichica ai criteri di redditività che governano gli altri settori dell’economia. Una terapia breve, che segue dei protocolli, riproducibile da un paziente all’altro, valutabile tramite un questionario standardizzato, è ciò che un tale sistema finanzia e raccomanda. Un trattamento analitico la cui durata è indeterminata, il cui esito non può essere fissato in anticipo e i cui effetti non si lasciano ridurre alla scomparsa del sintomo, non è né comprensibile né tollerabile.
Questa tendenza di fondo riguarda anche la formazione dei futuri praticanti. Nelle facoltà di medicina e psicologia, gli insegnamenti di orientamento psicoanalitico devono scomparire a favore degli approcci neuro. Gli interni in psichiatria si formano sempre meno all’ascolto clinico, si insegna loro a lavorare utilizzando protocolli standardizzati. La presa in conto della relazione tra il paziente e il suo psy, che in psicoanalisi chiamiamo transfert e che riposa su un legame di parola, è ignorata, trascurata, denigrata.
Ci sono così intere generazioni di curanti che vengono privati di ciò che la psicoanalisi ha impiegato un secolo ad elaborare, cioè una teoria del soggetto ancorata alla clinica del caso per caso.
A ciò si aggiungono attacchi più recenti provenienti dal campo legislativo, come l’emendamento volto a negare il rimborso delle pratiche ispirate dalla psicoanalisi, l’iscrizione di centri esperti sostenuti da una fondazione privata nel codice della sanità pubblica, nuove raccomandazioni sull’autismo che escludono la psicoanalisi come pratica non raccomandata. Poi, l’orizzonte dell’opponibilità delle raccomandazioni presentate come una necessità imperiosa accompagnate da ispezioni, controlli improvvisi degli istituti e chiusure amministrative delle istituzioni che non obbediscono. Il vocabolario impiegato non è quello della cura, ma di un ordine di ferro.
La posta in gioco è la libertà di parola e la sua espressione democratica. Ecco perché l’avvenire della psicoanalisi non è separabile dal destino della democrazia. In effetti, la democrazia non si limita al sistema elettorale. Essa presuppone la possibilità di una parola irriducibile all’identificazione con il gruppo, fosse pure in posizione maggioritaria, e con il capo. Presuppone che esista uno spazio in cui la parola possa dirsi senza essere sottomessa all’imperativo del risultato, della norma e della conformità. Ciò che l’ideologia autoritaria rifiuta è un’enunciazione sottratta alla logica del rendimento e dell’obbedienza, dove il soggetto possa fare l’esperienza della sua divisione, delle sue contraddizioni, del suo desiderio.
Se gli attacchi attuali contro la psicoanalisi non bruciano le opere di Freud, si sforzano di renderle inascoltate. Esse svuotano la parola della sua sostanza riducendola a un semplice strumento di comunicazione al servizio di una raccolta dei dati, servo della tecnica. Il soggetto che soffre nel suo corpo e nel suo pensiero non è invitato a dire, a parlare della sua storia: gli viene intimato di spuntare delle caselle per valutare il proprio livello di ansia su una scala da uno a dieci, di progredire secondo un programma prestabilito verso un obiettivo di adattamento.
Questa concezione dell’umano è anche quella convocata per altre vie dall’estrema destra. Il discorso identitario che prospera oggi in Europa e oltre riposa sulla cancellazione della singolarità a favore dell’appartenenza a un’origine, a un paese definito come una comunità assediata e rimpiazzata da questo Altro che è straniero. La parola introduce della differenza e dell’incomparabile. Il fantasma di una comunità purificata impone a contrario il silenzio.
Per gli psicoanalisti, difendere la democrazia non è una presa di posizione estranea alla loro pratica. Si tratta di promuovere la funzione e il campo della parola e del linguaggio contro la violenza politica e la razionalità gestionale. Non cediamo alla tentazione di negoziare con le istanze valutative, di adattare la clinica analitica alle esigenze del mercato, di accettare compromessi dubbi per preservare una presenza istituzionale.
Come scriveva Lacan in “La psichiatria inglese e la guerra” pubblicata nel 1947, si tratta di uno scontro contro le potenze oscure del super-io che impone di sottomettersi e di tacere. Questa è la nostra battaglia oggi.
Tradotto da Laura Pacati
Rivisto da Maria Siani







